Simplicité
1 janvier 2026
Un désir très ancien : ne pas ajouter au monde ce qui l’alourdit déjà, ne pas compliquer ce qui demande seulement d’être bien vu.
La simplicité n’est pas celle de la pauvreté forcée ni celle de la naïveté. Elle est un choix lucide. Elle naît quand l’esprit cesse de confondre profondeur et empilement, importance et bruit. Dans la vie comme dans l’ouvrage bien fait, il est tentant d’ajouter encore une couche, une justification, une fonctionnalité, une raison de plus. On se persuade alors que l’on progresse, alors qu’on s’éloigne. La simplicité, elle, commence souvent par un retrait. Elle demande le courage de supprimer ce qui flatte l’ego mais ne sert pas l’essentiel.
La simplicité est rude à accepter, la complexité n’est pas un accident. Nous la fabriquons. Elle naît de notre peur de manquer, de nous tromper, d’être jugés insuffisants. Alors nous ajoutons. Nous ajoutons des projets à nos journées, des objets à nos maisons, des explications à nos paroles, des couches à nos pensées. Chercher la simplicité commence donc par un regard honnête sur cette peur. Non pour la combattre avec violence, mais pour la reconnaître, comme on reconnaît un vieil automatisme qui a longtemps servi et qui, désormais, encombre.
La quête de la simplicité demande une forme de courage tranquille. Celui de décevoir parfois, de ne pas tout faire, de ne pas répondre à toutes les attentes. Tu découvriras que dire non n’est pas une fermeture, mais une protection de ce qui compte. Chaque refus juste est un oui donné à quelque chose de plus essentiel. C’est ainsi que l’on gagne en constance, non en rigidité.
Avec le temps, la simplicité devient presque corporelle. Tu la sens quand une décision tombe sans bruit, quand un choix cesse de te tirer dans plusieurs directions, quand une journée se termine sans ce goût de dispersion. Elle n’est pas spectaculaire. Elle est stable. Elle ne promet pas l’excitation permanente, mais une paix qui n’a pas besoin d’être défendue.